« Mon joug est léger. », disait-il.
Il disait : « Suivez moi, mon joug est léger.
Laissez votre fardeau et venez avec moi,
Vous cesserez de peiner sous ce poids. »
Quel était ce fardeau trop lourd à porter?
Et contre quoi voulait-il nous l’échanger?
Nos vies lui semblaient-elles si tristes?
Y voyait-il quelque chose qui nous échappait?
« Mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger », disait-il…
Mais de quoi parlait-il au juste?
Et le suivre, pour aller où?
Que proposait-il de mieux?
Fallait-il être arrogant pour croire connaître la Vie mieux que tous!
Sa route était-elle meilleure que la mienne?
Il poussait l’audace jusqu’à dire, je suis la route!
« Je suis le Chemin! »
Mais où voulait-il donc m’entraîner?
Qu’avait-il à me faire découvrir?
Qu’avait-il fait, lui, de sa vie?
Il disait aussi : « N’ayez pas peur! »;
« Changez vos cœurs! »;
« Aimez vous les uns les autres. »
Puis, le regard perdu, il ajoutait : « Comme je vous ai aimé. »
Et Dieu qu’il nous a aimé!
Personne n’a aimé comme il a aimé.
Aimer ainsi… est presque inhumain…
« Mon joug est léger. », disait-il…
Mais, je ne comprenais pas.
Il ne demandait rien de compliqué pourtant.
Comment ai-je pu être aussi bête?
Il m’invitait à vivre comme lui! Avec lui!
Sa vie était toute simple et son bonheur immense.
Et moi j’étais trop bête pour le voir…
Et moi qui se plaignait tout le temps…
Du revers de ma manche,
J’essuyai les larmes qui gonflaient sous mes yeux.
Le soleil déclinait sur l’horizon.
Je ne pouvais plus jouer l’indifférent.
Je me levai.
La peur m’avait retenu tant d’années,
Voir l’horizon sous cet angle me donna le vertige mais, je ne voulais plus hésiter.
Je m’avançai et déposai mon fardeau à ses pieds.
Il contenait l’histoire de toute une vie,
Toute une vie d’hésitations, de craintes et de servitudes.
Je les laissai tomber sur le sable chaud.
Un nuage de poussière les enveloppa et
Dans un soupir de soulagement, elles se dissipèrent.
Quel bonheur!
Je me sentais léger,mon âme libérée.
Peu à peu,mon corps se détendit et
Mon cœur s’ouvrit.
L’esprit en paix, je relevai la tête.
Il se tenait toujours là, devant moi, et il souriait.
Sa main tendue, il me dit d’une voix douce :
« Viens! Mettons nous en route.»
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Éric Laliberté