Compostelle, le retour! (1 de 5)
ce que la souffrance avait à m’enseigner.
Quinze jours à progresser,
avec ma tête dure et mon orgueil,
avant de saisir que ma souffrance…
c’est moi qui la provoquais!
Avec du recul, je réalise
qu’on ne se lance pas
sur la route de Compostelle
pour elle-même.
Ce n’est pas pour la route,
ni même pour Santiago,
que nous faisons ce chemin
mais, pour tout ce qui s’y produit!
Pour la « magie du chemin »,
pour le cours qu’il nous donne sur l’être humain.
Avec le recul,
je comprends que nous faisons la route
On aime les gens, les liens qu’on y développe.
On aime les découvertes qu’on y fait.
Mais, la route, le quotidien de ce chemin,
on ne peut pas l‘aimer!
Il faudrait être masochiste!
Ce chemin représente tellement de souffrances…
Et pourtant…, c’est grâce à cette souffrance
que nous apprenons le plus!
Fuir cette souffrance, l’endormir, l’anesthésier,
nous couperait de l’enseignement qui nous est offert.
Si nous souffrons sur la route,
c’est bien souvent parce que nous avons
une mauvaise attitude.
Nous ne savons plus écouter
les signaux que nous envoie notre corps.
Nos conditionnements nous font réagir par orgueil :
« Les autres continuent, moi aussi!
Même si ça fait mal!
Même si ça fait mal!
Je ne vais pas assez vite! J’accélère!
Même si ça fait mal! »
Nous sommes orgueilleux!!!
Tant d’orgueil, autant de souffrance…
« Vanité, des vanités!... » disait Qoéleth.
J’ai donc mis 15 jours pour comprendre,
pour apprendre de ma douleur.
Mais, la blessure étant installée,
je l’ai traînée tout le voyage
et je m’en ressens encore aujourd’hui…
qui m’a profondément marquée,
il y a beaucoup à raconter.
Il y a les gens rencontrés,
les amitiés tissées,
l’entraide et le support offerts si gentiment.
Il y a la beauté des paysages parcourus :
montagnes, forêts, champs,
villes, villages, rivières,
ponts, fleurs, vignes…
Toutes ces images sont gravées en nous.
Tous ces visages
sont le souvenir le plus cher
de ce pèlerinage.
Au cours de ce périple,
très peu de ces discours religieux,
mais, beaucoup de Vie!
Ce Dieu Vivant qui marche avec nous,
j’ai senti sa présence…
et je la ressens encore!
Au-delà de toutes conventions,
au-delà du poids que nous portions,
Il était là et lentement
en sa présence,
nous défaisions le joug
qui pesait sur nos épaules.
Lentement, nous apprenions
la légèreté de ce qui fait vivre…
je m’attarderai davantage à vous raconter
les leçons que je tire de cette route.
Le chemin nous enseignant à chacun ce qui est nécessaire
pour avancer plus loin dans notre humanité.
C’est ce que j’ai le goût de vous partager.
Les paysages, vous les découvrirez à travers les photos
que je joindrai à mes textes.
Les visages, vous les sentirez
à travers mon expérience du chemin.
Car c’est par eux,
bien souvent,
qu’il nous enseigne…
Ainsi, je vous partagerai
« Mon chemin de Compostelle »,
un parmi tant d’autres
tous aussi magnifiques.
Buen Camino!
Éric Laliberté
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