Les saisons commerciales

Publié le par Éric Laliberté

Avec la rentrée scolaire débutait un nouveau cycle des saisons commerciales. On s’y laisse toujours un peu prendre. Que ce soit quelques vêtements, articles pour la maison ou bien encore, une voiture neuve! On finit souvent par y succomber. Mais comment y résister? Comment ne pas être influencé par toutes ces réclames? D’ailleurs, quel plaisir à vivre si ce n’est en s’offrant tous ces petits et grands « bonheurs »?
 
Pour ceux que cette question allume, voici quelques pratiques pour tenter de faire le passage. D’abord, s’observer dans nos habitudes de vies. Que faisons-nous par pur plaisir et que faisons-nous par compensation? Bien souvent, nos habitudes de consommation compensent un manque de bonheur et c’est pourquoi nous confondons le fait de s’offrir une petite ou grande gâterie avec ce sentiment. La consommation frénétique de biens et services a l’effet d’une drogue sur une majorité de la population et cela de façon tout à fait acceptable. D’ailleurs, on utilise les mêmes mots pour désigner ou parler de celui qui a un problème de drogue. On dit de cette personne qu’elle a « un problème de consommation ». On parle d’elle en terme de « consommateur ».
 
Mais, comment transformer ce comportement? D’abord en prenant conscience de notre manière de vivre puis, en questionnant nos habitudes de vie. Se questionner sur la nécessité d’entretenir ce rythme de vie. Beaucoup de gens ne savent plus quoi faire s’ils ne vont plus s’acheter de nouveaux jouets. Pire encore, certains se sentent diminués, aux yeux de leur communauté, privés de tous ces trophées sensés illustrer notre réussite. On ne se connaît pas suffisamment pour laisser monter nos véritables aspirations et s’y investir à fond. Il faudra donc développer la confiance en soi pour passer outre toutes ces tentations. Nous avons tous un potentiel et bien souvent il se cache dans ce que le monde de la consommation juge inutile.
 
Certains me diront : « Mais jusqu’où aller dans ce frein à la consommation? Certaines choses restent utiles et nécessaires. » Utiles à la Vie d’ accord. Qui entretiennent et suscitent la Vie, d’accord aussi. Nécessaires… là il faut s’arrêter. Trop de chose sont dites « nécessaires » aujourd’hui. On a oublié comment vivre sans et la Vie nous semble impossible de cette manière où, en tout cas, drôlement compliquée. Il faut réapprendre à vivre sans, trouver des alternatives et se faire confiance.
 
Deux habitudes à troquer pour tranquillement modifier nos habitudes de vies. D’abord, évitons la télévision. Ses stratégies pour manipuler nos manières de consommer sont plus efficaces que l’on ne pourrait le croire et notre cerveau se laisse subjuguer bien facilement si l’on n’y porte pas attention. Récupérons ce temps (en moyenne 21 heures par semaine au Canada) pour se découvrir personnellement et laisser éclore les talents qui dorment en nous.
 
Deuxièmement, évitons les centres commerciaux. On finit toujours par en ressortir avec quelque chose que nous n’avions pas prévu. Et, il y a tellement de plus beaux endroits pour faire une balade que d’aller au centre commerciale sans objectif précis. Redécouvrons ainsi les plaisirs de la gratuité en ne faisant que des activités gratuites. Car quand on s’arrête, il y a beaucoup à faire. Ne nous laissons plus hypnotiser par cette publicité qui nous laisse croire que le bonheur n’existe qu’à travers elle. Utilisons notre temps et nos talents pour réapprendre à nouer de véritables relations avec les gens de notre milieu. Agissons gratuitement. Offrons ce temps à des gens qui ont besoin d’une présence aidante et rassurante. En nettoyant notre quotidien de ces habitudes de vie, nous pourrions y découvrir une vie bien plus enrichissante et pleine de sens.
 
Éric Laliberté
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