Expérimenter « le privilège de la pauvreté »
La Vie m’a soufflé ce projet à l’oreille : un pèlerinage dans le privilège de la pauvreté. Revivre le temps d’un pèlerinage, dans l’esprit de François et Claire d’Assise, le privilège de cette pauvreté qu’ils chérissaient tant et en redécouvrir toute la beauté et les bienfaits. Vivre l’espace d’une semaine selon la règle qui anime le mouvement enclenché par François il y a 800 ans.
Dimanche le 9 juillet, avec le soleil levant, je partirai donc à vélo expérimenter pendant une semaine ce « privilège de la pauvreté ».
François et Claire furent les premiers à utiliser cette expression qui, aujourd’hui encore, résonne étrangement à nos oreilles. La pauvreté, lorsqu’elle n’est pas choisie, est contraignante, abaissante et bien souvent méprisée dans un monde ou la performance et la réussite sont de mises alors qu’un privilège est un droit exceptionnel attribué à un individu. J’entends donc que François et Claire y voyaient un choix de vie particulier riche de sens. Un choix donnant un caractère exceptionnel à celui qui s’en prévaut. Affirmer la pauvreté en tant que privilège nous entraîne inévitablement sur les chemins du renoncement et du dépouillement nous libérant des soucis quotidiens de la vie séculière, nous ramenant à l’essentiel d’une vie branchée sur le réel : respirer, contempler, marcher, travailler, manger, boire, aller à la rencontre de l’autre, partager, discuter, être à l’écoute, méditer, prendre le temps …, tout autant de gestes usuels mais combien primordiaux à l’épanouissement de l’être humain.
Mais, tout cela est-il encore possible aujourd’hui?
C’est ce que je voudrais tenter d’expérimenter au cours des sept prochains jours : renoncer à un monde monnayable et partir sur la route de la gratuité comme les premiers frères de François n’ayant que leurs vêtements, leur bonne humeur et une foi enflammée par cette vie que proclamait Jésus. Je n’utiliserai et n’accepterai donc aucun argent. J’obtiendrai ma nourriture et un lieu pour dormir en échange de services rendus aux gens qui m’accueilleront. Et, je garderai en tête cet extrait de la règle de l’Ordre Franciscain Séculier :
« Ainsi, dans l’esprit des béatitudes, « pèlerins et étrangers » en route vers la maison du Père, ils veilleront à se libérer de tout désir de possession et de domination.
Témoins du monde à venir et fidèles à leur vocation, ils s’efforceront d’acquérir la pureté du cœur, afin d’être plus libre pour aimer Dieu et leurs frères. »
Si vous suivez mes écrits et que je vienne à croiser votre route, il me fera plaisir de vous saluer. Partout où je passerai, j’emprunterai le réseau cyclable de la Route Verte à une exception près. Je partirai de St-Jérôme ce dimanche 9 juillet à 6h00. Je me rendrai à Montréal. Ensuite, je prendrai la direction de Sherbrooke puis celle de Richmond. De là, je quitterai la Route Verte pour emprunter la 143 en direction de Drummondville et de là reprendre la Route Verte jusqu’à Trois-Rivières. Je terminerai mon périple au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, dimanche le 16 juillet, en assistant à la célébration de 11h15 à la basilique. (Si vous désirez vous joindre à moi…) À mon retour, tout au long de la semaine qui suivra, je vous partagerai mon carnet de pèlerinage en vous racontant jour après jour mon expérience du « privilège de la pauvreté ».
D’ici là, paix et joie.
Éric Laliberté
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