Mourir à soi-même
Combien de fois
devons-nous mourir
à nous-même
pour être pleinement vivant?
Combien de masques
devons-nous laisser tomber
avant de révéler
notre vraie nature?
Autant qu’il le faudra!
Autant qu’il y en aura!
Par peur de notre sensibilité,
par nos innombrables blessures,
nous couvrons notre identité
croyant survivre sous cette protection.
Le cœur de ce que nous sommes
étouffe sous toutes ces couvertures.
Il cherche un espace pour respirer,
la fissure qui lui permettra de s’exprimer.
Cette force vivante
qui sommeille en nous
gagne en puissance chaque fois
qu’elle est touchée par la lumière.
Chaque fois, elle se révèle
un peu plus à nous-même
faisant tomber l’enveloppe
qui cachait le meilleur en nous.
Et le germe qui nous habite grandit.
La fissure s’élargit,
laissant plus de place à la lumière.
Grandir devient la seule manière de vivre.
Plus cette force aimante s’épanouit,
plus nous réalisons le poids
que nous faisions peser sur nos épaules.
Nous réalisons combien nous avons été aveugle
alors que nous croyions avoir tout vu, tout compris.
Engagés dans ce processus,
nous n’avons plus qu’un seul désir :
faire tomber toutes ces pelures,
toutes ces écorces, tous ces masques!
Nous voulons voir la lumière,
avancer dans sa direction,
sortir de cette prison.
Nous voulons briser nos chaînes,
laisser tomber le joug,
nous mettre en marche,
appelés, que nous sommes,
à être vraiment.
En marche les vivants!
La vie ne fait que commencer.
Éric Laliberté