« Pèlerin et étranger » : lêtre en marche
« Pèlerin et étranger » : j’aime cette expression de François d’Assise. Il l’utilisait pour dire son humanité. Un être en marche avançant dans le monde, tout en y étant étranger à bien des niveaux. Souvent, je me sens comme lui… Ça vous arrive aussi j’imagine?
Le pèlerin est celui qui progresse dans la Vie poussé par l’Amour.
Il est celui qui tombe, se relève et poursuit sa route.
Il est celui qui ne désespère pas; qui avance inlassablement, pas après pas, émerveillé par ce qu’il voit.
C’est aussi celui qui est libre de tout bien, qui ne s’attache rien, et s’élance dans la Vie prêt à accueillir l’autre sur sa route.
Mais, c’est aussi celui qui est habité par ce sentiment d’être étranger…
Étranger au sens porté par un monde calculateur…
Étranger à cette course folle…
Étranger à la violence, à la méchanceté…
Étranger à la mesquinerie, à l’injustice, à l’oppression…
Étranger à l’exclusion, au mépris, au mensonge …
Ce sentiment d’étrangeté fait du pèlerin un messager, celui qui est porteur de paix; qui manifeste et inspire joie et espérance. Heureux de vivre et de s’offrir à la Vie, le pèlerin va à la rencontre de l’autre dans une quête constante d’épanouissement et d’accueil, vivant sa vie avec allégresse. Être en vie le rend heureux et cette joie il désire la partager.
Le pèlerin sait prendre le temps de s’arrêter. Il sait aussi quand il est temps de repartir… Il consacre beaucoup de temps à la méditation et sa route est jalonnée de moments de solitude. Le pèlerin est aussi celui qui accepte de faire le chemin intérieur, de descendre au fond de lui affronter ses peurs et ses misères pour reprendre la route transformé, renouvelé. Ce chemin intérieur, il en prendra soin, le dégagera, l’éclaircira car il sait qu’au bout de cette route il y a la Lumière, celle-là même qui l’a mis en route.
François disait : « Paix et joie! »
Pour l’année 2006, je dirai :
Paix et joie, à nous tous pèlerins de la terre!![]()
Éric Laliberté