Noël
Qu’est-il advenu de Noël?
L’ambiance créée par cette fête devenue artificielle me rend triste. Les rassemblements mondains, la course aux cadeaux, toutes ces lumières, cette poudre aux yeux… Je ne sais si d’autres le ressentent ainsi, mais Noël n’a pour moi rien de toute cette agitation.
Noël est devenu le temps des excès par excellence où on utilise la beauté d’un geste — le partage — pour inciter à une consommation excessive. Nous ne reconnaissons plus l’altruisme de ce geste qui implique toute la personne. Notre attitude de consommateur le rend désengageant et nous déresponsabilise vis-à-vis de l’autre. Une présence réelle et sincère n’engage pas qu’un jour de l’année. Poser un geste d’amour, de solidarité devrait être possible à tous moments. Alors que la pseudo magie de Noël orchestrée par les grands magasins, nous laisse croire au cadeau, l’objet, qui comble tous les désirs; notre âme, elle, reste avide de sollicitude, de fraternité et de liens tissés.
Que recherchons-nous au juste derrière tous ces excès? Une justification pour tant d’effort, pour toutes ces heures passées à travailler?
Notre rythme de vie axé sur le travail et l’argent qu’il génère nous entraîne toujours sur la même voie, celle de « l’auto-gratification ». On travaille pour se récompenser, pour combler le besoin inassouvissable d’euphories passagères que procurent chacun de ces objets! L’âne et sa carotte! Voilà ce que nous sommes! Des ânes qui courent derrière leur carotte! Avez-vous déjà réalisé que, dans cette image, il y a quelqu’un qui tient la dite carotte au bout d’une perche et, qu’en plus de se faire avoir, l’âne supporte celui qui le manipule de la sorte… De vrais ânes!
Où est donc le véritable contentement? Peut-on s’extraire de ce cycle de consommation? Chacun doit trouver sa réponse à cette question et pour y parvenir nous devons prendre du recul, s’extirper de ce feu roulant et prendre le temps de descendre au fond de soi.
Si vous assistez à une célébration de Noël, vous
entendrez ce texte en début de célébration. Il dit toute la grandeur du miracle qui se répète depuis des siècles : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière… » , ma foi est dans l’avènement de cette Lumière qui illumine nos consciences pas dans celle qui brille sur les sapins. Laissons, nous aussi, nos consciences s’illuminer de cette lumière... Ne soyons plus les ânes des grands magasins!
Que la fête de Noël devienne un élan pour toute l’année,
illuminant nos consciences et notre regard sur la plénitude de la Vie.
Le véritable Amour sera alors au rendez-vous.![]()
Éric Laliberté