La vitesse ne tue pas Elle rend inconscient!
Dernièrement, lors d’une soirée-conférence sur l’anthropologie économique, nous apprenions que l’être humain, depuis l’âge de pierre, n’a cessé de chercher des moyens de se rendre la vie plus facile afin de bénéficier de tout son temps pour s’adonner à d’autres activités que la survie. Lors de cette même conférence, nous apprenions que depuis l’âge de pierre il n’y avait qu’une époque où l’homme avait atteint cette objectif et c’était… l’âge de pierre! Surprenant n’est-ce pas?
Selon plusieurs chercheurs, dont Marshall Sahlins de l’Université de Chicago, à partir de ce moment pour chaque invention, ou chaque progrès technologique, l’être humain n’a jamais récupéré le temps libéré pour en bénéficier autrement. Au contraire, celui-ci fut toujours réinvesti pour produire davantage alors qu’à l’âge de pierre il l’était de manière à développer d’autres sphères de la Vie. Ainsi, depuis cette époque, notre temps de travail n’a cessé d’augmenter pour produire plus dans l’espoir de posséder plus pour un jour pouvoir se reposer sur le trésor amassé.
Voici une petite histoire d’ Anthony de Mello qui illustre bien ce que j’essaie de vous dire. Vous la retrouverez sur le site internet qui a été fait à sa mémoire.
Le riche industriel venu du Nord était horrifié de voir le pêcheur du sud
étendu paresseusement à côté de son bateau en fumant sa pipe.
-Pourquoi n'êtes-vous pas à la pêche ? demanda l'industriel.
-Parce que j'ai attrapé assez de poissons pour la journée, répondit le pêcheur.
-Pourquoi n'en pêchez-vous pas plus que vous n'en avez besoin?"
demanda encore l'industriel.
-Qu'est-ce que j'en ferais ? demanda à son tour le pêcheur.
-Vous pourriez gagner plus d'argent, répondit l'autre. Avec cet argent,
vous pourriez ajouter un moteur à votre bateau, puis vous pourriez aller en
eaux plus profondes et pêcher plus de poissons.
Ce qui vous permettrait d'acheter des filets de nylon.
Et ces filets vous apporteraient plus de poissons et plus d'argent.
Bientôt, vous auriez assez d'argent pour posséder deux bateaux… peut-être
même une flotte de bateaux.
Et alors, vous seriez un homme riche comme moi."
-Qu'est-ce que je ferais alors ? demanda le pêcheur.
-Alors, vous pourriez vous asseoir et jouir de la vie" repartit l'industriel.
-Qu'est-ce que vous pensez que je fais actuellement ? rétorqua le pêcheur.
Anthony De Mello, Comme un chant d'oiseau, pp145-146
Nous passons continuellement au côté de la Vie à force de désirer tout faire rapidement et ceci je l’ai
appris de mes élèves qui ont un handicap intellectuel. Étant incapable de manipuler rapidement des objets, d’organiser rapidement les idées dans leur têtes, j’ai dû ralentir mon rythme pour m’adapter à leur cadence et c’est le plus beau cadeau qu’ils m’aient fait.
appris de mes élèves qui ont un handicap intellectuel. Étant incapable de manipuler rapidement des objets, d’organiser rapidement les idées dans leur têtes, j’ai dû ralentir mon rythme pour m’adapter à leur cadence et c’est le plus beau cadeau qu’ils m’aient fait.Aller trop vite nous empêche de voir les beautés de la Vie.
Aller trop vite nous empêche de savourer chaque instant.
Aller trop vite nous empêche d’avoir la paix d’esprit.
Aller trop vite nous empêche de faire des choix éclairés.
Vers où courons nous ainsi?
Le voyage sur terre n’est pas une course!
Si nous ne prenons pas notre temps maintenant,
nous manquerons le meilleur du voyage.
Ne laissons pas le rythme social nous emballer.
Nous n’y gagnerons rien, sinon l’inconscience qu’il engendre.
Car inconscient, nous aurons couru toute une vie
pour atteindre ce que nous avions déjà sous la main.
Éric Laliberté
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