Prendre la route de Kyoto

Publié le par Éric Laliberté

Avez-vous déjà remarqué le nombre de choses que nous faisons par conventions ou par conditionnements? Nos horaires, notre façon de mettre la table, la circulation, le nom des objets, ce texte — en fait l’écriture — ne sont que des conventions qui nous permettent de fonctionner ou communiquer ensemble. Tout cela aurait pu être bien différent.
 
La convention est une entente pour permettre à un groupe de vivre ensemble, une entente de règles de vie en société. Les conventions ont du bon car elles permettent l’échange entre être humain. Sans elles, il serait impossible de se comprendre. Mais, parfois il arrive que nous leur attribuions un rôle qui va bien au-delà de leur fonction. Alors, la convention prend le contrôle de nos vies. Les lois, les dogmes ecclésiastiques et l’argent entre dans cette catégorie de conventions. L’argent semble avoir des règles qui vont bien au-delà de notre pouvoir. Les marchés monétaires sont sous l’influence d’une force qui nous dépasse et qui fait fluctuer les marchés comme bon lui semble, nos lois sociales ont tendances à considérer l’être humain comme un objet plutôt qu’un sujet et les dogmes des différentes églises dictent parfois des comportements inhumains.
 
La convention par définition semble être LA solution d’une société, d’un groupe. Aussitôt que cette convention est remise en question, on sent les réticences. Dans tout les domaines nous pouvons observer la même réaction. Quand une convention se sent menacée, elle se durcit et devient encore plus rigide comme si elle était vivante. Pourtant ce n’est que nous qui réagissons. Notre conditionnement nous incite à agir en fonction d’une force, la convention, qui semble vouloir disparaître ou du moins se transformer et vient éveiller des peurs. Nos références s’effondrent et nous craignons l’inconnu. Imaginez la crise que provoquerait un désintéressement majoritaire de tout système monétaire… C’est pourquoi il est bon de se rappeler que les conventions n’ont rien de réelles! Ce ne sont pas des lois immuables. Elles tirent leur force de l’énergie que nous mettons à les faire vivre. Nos conventions vivent de notre foi en elles! Hors de cette foi, elles ne sont plus rien! J’entends au loin cette phrase qui résonne certainement encore aux oreilles de plusieurs : « Hors de l’église, point de salut! » Voilà un très beau modèle de convention qui n’a rien de tangible et qui est orchestré par un conditionnement.
 
Le conditionnement est donc plus insidieux. Issu de nos conventions, il s’installe en nous pour nous modeler à leurs images. Il joue de la touche émotive pour nous inciter à tel ou tel comportement.
Qu’est-ce qui convient le mieux? En famille? Entre amis? Entre collègues de travail?
Qu’est-ce qui convient le mieux? Comme modèle de vie? De carrière? D’ambitions?
Remarquez à chaque fois comment est formuler la question : « Qu’est-ce qui convient… » On fait ici référence à nos conventions. Le conditionnement fera en sorte que les conventions les plus fortes de notre environnement prendront le dessus. Il inclinera donc nos habitudes de vie en ce sens. Dès lors, ce réflexe engendré par le conditionnement fera en sorte que nous nous croyons dans « l’obligation » d’adopter un comportement plutôt qu’un autre. Il deviendra même difficile pour certain d’imaginer le monde autrement et tout changement provoquera une énorme déchirure en eux, leur conditionnement les incitant à aller dans une direction qui n’existe plus ou qui devient une menace pour eux. Même si cette voie met en jeu leur vie, les gens sous l’influence d’un conditionnement très fort désireront tout même poursuivre sur cette voie préférant bloquer tout contact avec la réalité pour ne pas rompre avec les conventions qui les sécurisent.
 
Il ne faut pas perdre de vue que les conventions sont des outils au service de l’humanité. C’est pourquoi, prendre conscience de nos conditionnements est primordiales. En avoir conscience nous rend plus libre, plus flexible et relativise nos certitudes qui pourraient avoir tendance à se durcir face au changement. Il devient alors plus facile de rectifier notre itinéraire quand nous avons pris la mauvaise route. Ainsi, prendre la route de Kyoto devient plus aisé…
 
Éric Laliberté

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Zârck. 13/06/2006 12:27

Very interesant blog.Visit my Garden.Thanks from Spain.