Un souhait...

Publié le par Éric Laliberté

undefinedNoël ne résonne en moi
qu’à travers ce court passage du livre d’Isaïe:
Le peuple qui marchait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière ;
sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre,
une lumière a resplendi. (Is 9,1)
Éblouit, ils ont vu!
Ils ont vu ce que peu d’entre nous
parvienne à voir.
Ils ont vu la futilité de nos jours
qui courent vers leur mort.
Ils ont pris conscience.
Leur esprit s’est éveillé.
 
Quelle merveilleuse lumière!
 
Quelle merveilleuse lumière, que celle qui rend la vue,
que celle qui guérit nos blessures!
Elle nous redonne les yeux du cœur,
fait battre en nous un cœur nouveau! Un cœur vivant!
 
Par elle nous reprenons vie, embrassons la vie dans tout ce qui nous habite. La saisissons dans tout ce qu’elle a à offrir. Avide de vivre, nous la prenons à pleine bouche, y mordons à pleine dent, comme si elle s’offrait pour la première fois,
comme si nous la découvrions pour la première fois. C’est peut-être le cas…
 
Depuis notre retour de Compostelle, nos vies sont en marge. En marge de nos courants sociaux, car nous en limitons l’intrusion dans nos vies. Nous apprenons à poser les limites d’une vie satisfaisante hors des sentiers communs. Il ne faut pas associé cela à du repli sur soi. Au contraire! La vie ici me semble plus réel. Un rythme plus lent. Le temps d’être présent les uns aux autres. Plus présent à nos enfants. Plus présent à nous deux. Présent aux amitiés d’une façon nouvelle. Tout se vit en qualité. On ne veut plus passer à côté de ces moments qui n’entraînent que des regrets. Le vivre en apparence ne nous convient plus.
 
Cette satisfaction se soustrait aux actes compulsifs engendrés par notre monde, ceux-ci n’entraînant qu’angoisse et culpabilité, le cœur n’y étant plus. En définitive, nos modes de vies en société étouffe la vie. Et nous, nous avons choisi de la cultiver, tout comme ces milliers de personnes qui entretiennent ces projets marginaux d’une vie meilleur, d’une vie plus humaine. Car le propre de l’humain c’est d’aimer et pour aimer il faut prendre le temps. C’est ce que le renard disait au petit prince : « On ne connaît que les choses que l'on apprivoise. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître … »
 
Se sentir rassasier, satisfait, parce que chaque instant est savourer. Faire le choix de se rendre la vie agréable, de s’en tenir à l’essentiel, cet essentiel qui anime tout notre être et conduit à cet état de satisfaction. Vivre dans la satisfaction! Un rare plaisir aujourd’hui.
 
Ma vie, nos vies, puisque cela implique toute notre famille, s’en trouve plus riche à tous les niveaux. Plus nos sacs sont légers sur le chemin de la vie, plus nous sommes riches dans l’aujourd’hui.
 
L’être humain a un don inné pour cultiver le bonheur. Tout n’est qu’une question de choix. Je laisse donc tomber le rapide pour faire mes délices de la lenteur. Je laisse tomber la quantité, la productivité, pour vivre en qualité. Je me retire pour mieux m’offrir. Je conserve le rythme du pèlerin, celui qui ne s’encombre de rien,
qui va à l’essentiel, autant dans le matériel que dans la rencontre. Nous voulons désormais savourer chaque instant de nos vie car c’est notre unique chance d’être humain.
 
Ainsi, à la fin de ma vie, je pourrai répondre aisément à la question :
« As-tu marché en direction du bonheur ? »
 
Que cet expérience humaine nous soit un souvenir mémorable en tout point!
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Éric Laliberté
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