Saint-Jacques le majeur, frère de l’évangéliste Jean, se serait rendu en Espagne pour évangéliser la côte ibérique. Sans succès, il avança jusqu’en Galice
(nord-ouest de l’Espagne) où il aurait fait quelques disciples. De retour en Terre Sainte, Hérode Agrippa II
le fit assassiner. Des disciples auraient alors ramené son corps en Galice. Une reine de l’endroit, récemment
convertie au christianisme, offrit son château comme lieu de sépulture au corps de St-Jacques. Puis, toute l’histoire sombra dans l’oubli pendant plusieurs siècles. Ce n’est qu’au début du
IXième siècle que l’ermite Pelayo dit avoir vu en songe l’emplacement du tombeau de St-Jacques.
Guidé par des lueurs dans le ciel, il retrouva le lieu d’inhumation de l’apôtre et de ses disciples.
L’endroit doit d’ailleurs son nom à ces lueurs dans le ciel. Santiago de Compostela = campus stellae = champ d’étoile. Santiago désignant St-Jacques
en espagnol. La découverte aura un effet retentissant dans toute la chrétienté et, rapidement, dès le début du Xième siècle, des pèlerins accourront de toute l’Europe. C’est résumer
bien rapidement l’histoire de St-Jacques en terre espagnole mais, vous trouverez davantage de détails en consultant les différents ouvrages traitant de l’histoire du chemin. (Voir la
bibliographie de l’article : Pèlerinage St-Jacques-de-Compostelle sur
Wikipédia ou celui sur le Camino frances ) Plusieurs versions existent et se
ressemblent plus ou moins, l’authenticité de ces événements laissent à douter pour bien des historiens, voir jusqu’au réel passage de St-Jacques en Espagne. À tout le moins, aujourd’hui, les
recherches archéologiques affirment le passage de Chrétiens au premier siècle dans cette région de la péninsule.
Mais, pourquoi ce chemin devînt-il si important dans l’histoire du Christianisme? Les multiples routes menant à St-Jacques demeuraient les plus accessibles pour
l’ensemble de la population. Le pèlerinage en Terre Sainte se faisait en grande partie par mer, ce qui rendait le voyage très dispendieux et le réservait à une élite. D’autant plus que les
guerres qui y sévissaient rendaient le voyage très périlleux. C’est pour la même raison, les guerres, que la direction de Rome fut moins prisée comme lieu de pèlerinage. St-Jacques restait donc
la voie du peuple se construisant en sentiers à travers forêts et montagnes; alors que les autres lieux de pèlerinage empruntaient les voies romaines. St-Jacques-de-Compostelle devenait ainsi le
lieu de pèlerinage le plus accessible à tous.
Aujourd’hui, que l’histoire soit véridique ou non importe peu. Que les ossements qui gisent au fond de la tombe de la Cathédrale de Compostelle soient ceux de
St- Jacques ou non n’a pas d’importance. La force de ce pèlerinage réside davantage dans la « communion d’esprit », comme le dit si bien Louis Laborde-Baden auteur
de Le Chemin de St-Jacques en Espagne. L’esprit qui guide et anime les pèlerins vers Compostelle reste l’expérience la plus troublante de cette aventure. C’est à travers lui, sur
cette route, que l’humain renoue avec son humanité; brisant les remparts qui s’élèvent entre lui et l’étranger. L’étranger étant bien souvent … lui-même.
Éric Laliberté
Par Éric Laliberté
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Tandis que des millions de pèlerins partaient vers Saint-Jacques de Compostelle, d'autres se tournaient vers les deux autres pèlerinages majeurs de la chrétienté : Rome et Jérusalem. Aujourd'hui encore, de nombreux pèlerins de Compostelle se disent : "Et après ? Pourquoi pas Rome ou Jérusalem..."
Ici, des tas de conseils pratiques pour ceux qui veulent partir sur ces routes moins courues et moins balisées que la Camino Frances.